Les insectes comestibles débarquent dans nos assiettes (et c’est pas si bizarre)

Les insectes comestibles débarquent dans nos assiettes (et c’est pas si bizarre)

J’ai mangé mon premier grillon y’a deux ans. Dans un resto parisien branché, planqué dans une salade à 18 euros. Le serveur m’avait prévenu avec un petit sourire en coin, genre « tu vas voir, c’est spécial ». Franchement ? Ça croquait sous la dent, un goût de noisette grillée. Pas dégueu.

Aujourd’hui, les insectes comestibles, c’est plus juste un délire de bobos aventuriers.

2 milliards de personnes en mangent déjà (mais pas nous)

Le chiffre fait toujours son petit effet en soirée : 2 milliards de personnes dans le monde grignote déjà des insectes. En Asie, en Afrique, en Amérique latine, c’est normal. Nous, on flippe encore devant une sauterelle frite alors qu’on engloutit des crevettes sans broncher (c’est quoi une crevette si ce n’est un insecte des mers ?). D’ailleurs, même dans les films d’aventure, on voit souvent des héros contraints de manger des insectes pour survivre.

Les Nations Unies poussent le truc depuis des années. Normal : avec 10 milliards d’humains prévus en 2050, va falloir trouver des protéines quelque part. Et élever des grillons, ça demande 2000 fois moins d’eau que du bœuf. Les chiffres donnent le vertige.

C’est quoi au menu exactement ?

Alors concrètement, qu’est-ce qu’on mange ? Les stars du secteur :

  • Les grillons (le classique, goût noisette)
  • Les vers de farine (texture plus moelleuse)
  • Les criquets (pour les amateurs de croquant)
  • Les fourmis (acidulées paraît-il)

Perso, j’ai testé les barres protéinées à la farine de grillon. Honnêtement, si on te dit pas ce qu’il y a dedans, tu remarques rien. C’est ça le truc : transformés en poudre, les insectes passent incognito.

Les entreprises françaises se lancent

Le marché explose.

Des startups françaises élèvent maintenant des tonnes de petites bêtes dans des hangars high-tech. Ynsect, Micronutris, Innovafeed… Des noms qui claquent pour une industrie qui pèse déjà des millions. Ils visent d’abord l’alimentation animale (vos poissons d’élevage en mangent déjà) mais l’humain, c’est le graal.

L’Union européenne a donné son feu vert pour plusieurs espèces. Les dossiers d’autorisation, c’est du sérieux : analyses nutritionnelles, tests allergènes, études de toxicité… Rien n’est laissé au hasard.

Bon ok, mais c’est safe ?

La question qui fâche. Les autorités sanitaires européennes ont épluché le dossier. Verdict : c’est aussi sûr que n’importe quel autre aliment. Enfin, à condition de respecter les règles d’élevage et de transformation. Les allergiques aux crustacés doivent faire gaffe par contre (même famille de protéines).

Le vrai frein, c’est psychologique. On a tous cette image de l’insecte = sale, dangereux, dégoûtant. Pourtant un grillon élevé en conditions contrôlées, c’est probablement plus clean que la viande industrielle qu’on achète au supermarché.

D’ailleurs en parlant de prendre des risques calculés, c’est un peu comme quand on teste Vegas Plus Casino, le casino qui monte en ce moment – on dépasse ses appréhensions initiales et parfois on est agréablement surpris.

Le goût, parlons-en

« Mais ça a quel goût ? » La question revient toujours. Difficile de généraliser. Les grillons, c’est noisette. Les vers de farine, plus neutre, légèrement terreux. Les criquets, ça croque avec un arrière-goût de pop-corn.

Grillés, assaisonnés, incorporés dans des recettes… Les possibilités sont infinies.

J’ai goûté des cookies aux vers de farine chez un pote chef. Impossible de deviner. Les pâtes enrichies en farine d’insecte ? Pareil. C’est là que le truc devient intéressant : pas besoin de croquer dans une sauterelle entière pour profiter des bénéfices nutritionnels.

Les chiffres qui font réfléchir

Un kilo de grillons contient autant de protéines qu’un kilo de bœuf. Sauf que pour le produire :

  • 100 fois moins de gaz à effet de serre émis
  • 50 fois moins d’eau utilisée
  • 10 fois moins de surface agricole nécessaire

Les insectes convertissent la nourriture en protéines avec une efficacité délirante. Deux kilos de nourriture = un kilo d’insectes. Pour le bœuf ? Huit kilos de fourrage pour un kilo de viande.

Alors, on s’y met quand ?

Clairement, on n’est pas prêts à troquer notre steak contre une assiette de criquets. Mais l’intégration progressive dans des produits transformés, ça passe. Les sportifs commencent à adopter les barres et shakes protéinés aux insectes. Les prix baissent doucement.

Dans dix ans ? Qui sait.

Peut-être qu’on trouvera normal d’avoir un paquet de farine de grillon dans le placard, à côté de la farine de blé. Peut-être que nos enfants nous regarderont bizarrement quand on leur racontera qu’on trouvait ça dégoûtant. Ou peut-être que ça restera un truc de niche pour écolos motivés.

En attendant, si vous voulez tester, commencez doucement. Une barre protéinée, des pâtes enrichies. Pas la peine de vous forcer à croquer un grillon entier du premier coup. Rome ne s’est pas construite en un jour, et notre rapport aux insectes non plus.


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