Depuis que j’ai lâché la télé, mes soirées ressemblent à ça

Depuis que j’ai lâché la télé, mes soirées ressemblent à ça

Y’a environ deux ans, j’ai débranché la télé du salon. Pas par militantisme, juste parce qu’elle servait plus à rien — littéralement. Le câble, on l’avait résilié depuis un bail, et la box passait son temps à afficher l’écran d’accueil de trois applis qu’on ouvrait à tour de rôle. Depuis, mes soirées se passent devant un ordi, une tablette, parfois la Switch de mon copain, et bizarrement je regarde plus de trucs qu’avant. Enfin, je consomme plus de trucs. C’est pas exactement pareil.

Le point commun entre tout ce que je fais le soir, c’est qu’à un moment ou un autre ça passe par une plateforme. Un site, une appli, un abonnement, un truc avec un compte et un mot de passe. Ca a l’air banal dit comme ça mais franchement c’est un changement énorme quand tu prends deux secondes pour y penser. Avant, tu allumais la télé, et le programme s’imposait à toi. Maintenant, tu choisis. Tout le temps. Sur tout.

Le streaming vidéo, évidemment, c’est le plus visible. Au Québec par exemple ils ont carrément fait des études là-dessus et les résultats sont assez parlants : les gens passent plus de temps sur les plateformes que devant la télé classique, et ce ratio s’accentue chaque année. Chez nous en France c’est pareil, sauf qu’on est peut-être un poil en retard sur la bascule complète. Le jeu vidéo est aussi passé par cette logique de plateforme — t’achètes plus des jeux, t’as des abonnements, des catalogues, des trucs en cloud qui tournent sur ton téléphone.

Depuis que

Ce qui m’a marquée aussi, c’est la diversification. On parle souvent des grands noms mais y’a plein de niches qui se sont créées. Des soirées jeux en ligne entre potes, des escape games à distance, des cours de cuisine en visio, des plateformes de quiz, des ateliers d’écriture, des sites de casino en ligne aussi (rien n’empêche d’ailleurs de jouer chez Brutal Casino un vendredi soir si c’est ton truc, c’est un loisir comme un autre du moment que tu gardes la tête froide). J’ai lu récemment un article sur Rennes qui listait quatre types de loisirs numériques qui changent complètement la façon dont les gens s’occupent le soir, et c’est fou parce que quand tu lis la liste tu te reconnais dans au moins deux ou trois trucs, forcément.

Perso, mon soir type c’est : une série pendant qu’on mange, un jeu coop en ligne avec ma sœur qui habite à Bordeaux, et parfois un bouquin en numérique avant de dormir. Trois plateformes différentes, trois logiques différentes, trois abonnements différents (oui bon).

Le truc c’est que les institutions publiques commencent à s’y mettre aussi, et ça je trouve ça vraiment bien. Nantes annonce par exemple une nouvelle bibliothèque numérique pour 2027, avec tout ce qui va avec — livres, presse, films, cours en ligne, ressources pour les gamins. C’est le genre de projet qui passe un peu inaperçu parce que c’est pas glamour mais c’est exactement ce qu’il faut pour que le numérique de loisir soit pas juste une histoire de gros groupes américains qui te vendent des abonnements. Et à l’heure où beaucoup cherchent à reprendre le contrôle de leur temps d’écran, y’a moyen de faire du service public dans ce domaine, et clairement ça manque.

Autre truc intéressant que j’ai vu passer : en 2026, y’a deux nouvelles prestations liées aux activités sociales et culturelles qui vont être exonérées de cotisations. En clair, ton comité d’entreprise peut te filer des trucs pour tes loisirs numériques sans que ça soit taxé de la même façon qu’un salaire. C’est technique mais concrètement ça veut dire qu’on va probablement voir de plus en plus d’employeurs proposer des abonnements streaming, des accès jeux vidéo, voire des plateformes de divertissement digital qui arrivent avec leurs propres codes, des trucs comme ça. C’est un signal fort. L’État reconnaît que ces loisirs-là font partie de la vie normale des gens, au même titre que les chèques cinéma ou les places de théâtre.

Ce qui me frappe le plus quand je prends du recul, c’est à quel point l’information elle-même est devenue une plateforme. Genre, même les news, tu les consommes plus de la même façon. Tu vas plus sur le site du journal, tu tombes sur un article partagé, tu regardes une vidéo verticale qui résume, tu lis un thread. Tout est devenu plateforme, y compris ce qui à la base n’avait rien à voir avec du loisir. Et je trouve que c’est là qu’il faut faire gaffe — pas au numérique en soi, hein, mais à ce mélange permanent entre s’informer et se divertir, entre se cultiver et scroller.

Bon après je dis ça et je vais probablement passer les deux prochaines heures sur mon canapé à alterner entre trois écrans. C’est comme ça.


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