L’autre jour, je tombe sur un pot de confiture à 18 euros. La raison ? Elle contenait du baobab. Du baobab, sérieusement. Apparemment c’est le nouveau truc pour booster son système immunitaire. À ce prix-là, elle devrait aussi faire le ménage et payer mes impôts.
Les superaliments, on en entend parler partout. Dans les rayons bio, sur Instagram, même ma belle-mère s’y met (c’est dire). Mais entre les graines de chia à 40 euros le kilo et les baies d’açai qui coûtent plus cher qu’un abonnement Netflix, on peut légitimement se demander si on nous prend pas un peu pour des pigeons. D’ailleurs, c’est marrant comme certains produits deviennent soudainement « super » quand leur prix triple. Un peu comme les free spins Olympe Casino qui promettent monts et merveilles – sauf que là au moins, on sait à quoi s’attendre.
Quand le marketing s’en mêle
Le terme « superaliment » n’a aucune définition officielle. Rien. Zéro. C’est juste un mot inventé pour faire vendre. Un nutritionniste m’expliquait récemment que c’est comme dire « super voiture » – ça veut tout et rien dire à la fois.
Prenons le kéfir, dernière star des rayons frais. Les marques nous le vendent comme le nouveau yaourt miracle, bourré de probiotiques. Sauf que les analyses montrent que la plupart des kéfirs industriels n’ont pas plus de bactéries vivantes qu’un yaourt nature basique. La différence ? Le prix, évidemment.
Pareil pour le skyr islandais. On nous le présente comme l’ultime produit laitier protéiné. En réalité, c’est juste du fromage blanc égoutté différemment. Mais bon, « fromage blanc islandais », ça fait moins rêver sur l’étiquette.

Les vrais bénéfices existent quand même
Attention, je ne dis pas que tout est bidon. Certains aliments ont effectivement des propriétés intéressantes. La spiruline, par exemple, contient vraiment une quantité impressionnante de protéines et de fer. Le problème c’est qu’on en mange des quantités ridicules – 3 grammes par jour en moyenne. À ce compte-là, autant manger une tranche de jambon.
Les myrtilles sont bourrées d’antioxydants, c’est prouvé. Mais les pommes aussi. Et les épinards. Et plein d’autres trucs qui coûtent trois fois moins cher.
Le quinoa apporte effectivement tous les acides aminés essentiels, contrairement au riz. Mais franchement, si vous mangez varié, vous n’avez pas besoin de payer le quinoa au prix de l’or pour être en bonne santé.
L’arnaque des doses miracles
Ce qui m’énerve le plus dans cette histoire, c’est la manipulation des doses. On vous dit que le cacao cru contient 40 fois plus d’antioxydants que les myrtilles. Super. Sauf qu’on oublie de préciser qu’il faudrait en manger 200 grammes par jour pour avoir un effet significatif. Bonjour la crise de foie.
Même chose pour les baies de goji. Oui, elles contiennent de la vitamine C. Mais une orange en contient autant, et elle ne vient pas du bout du monde en avion.
Les graines de chia ? Riches en oméga-3, c’est vrai. Mais les graines de lin locales font exactement la même chose pour quatre fois moins cher. Et elles n’ont pas besoin de traverser l’Atlantique.
Comment s’y retrouver sans se ruiner
Perso, j’ai adopté une règle simple : si un aliment existe depuis des siècles et qu’il devient soudainement « super », c’est louche. Les lentilles, par exemple. Ultra-riches en protéines, en fibres, en fer. Mais comme elles coûtent 2 euros le kilo, personne n’en fait un superaliment.
Les sardines en boîte ? Bourrées d’oméga-3, de vitamine D, de calcium. Mais bon, c’est moins sexy que l’huile de krill antarctique à 50 euros la bouteille.
Le chou kale a explosé il y a quelques années. Franchement, c’est juste du chou frisé avec un nom anglais. Nos grands-parents en mangeaient déjà, ils appelaient ça du chou vert.
Les vrais superaliments du quotidien
Si on veut vraiment parler de superaliments, regardons ce qu’on a sous la main. Les œufs, par exemple. Protéines complètes, vitamines, minéraux, et ça coûte que dalle. Les légumineuses en général : haricots, pois chiches, lentilles. Bourés de fibres et de protéines.
Les fruits et légumes de saison locaux battent souvent les exotiques venus de loin. Une pomme du coin a plus de vitamines qu’une mangue qui a voyagé trois semaines.
L’ail et l’oignon ? Des bombes nutritionnelles qu’on utilise depuis toujours. Mais comme ils coûtent trois fois rien, personne ne les met dans la catégorie « super ».
Au final, cette histoire de superaliments nous montre surtout à quel point on est prêts à payer cher pour des promesses. C’est pas forcément une arnaque totale – certains de ces aliments sont vraiment nutritifs. Mais aucun aliment ne fait de miracles tout seul. La vraie recette, elle est chiante mais elle marche : manger varié, local quand c’est possible, et pas trop transformé.
Et puis franchement, entre nous, si les baies d’açai étaient vraiment magiques, les Brésiliens seraient tous immortels.
